Les procès régulièrement intentés contre cette pseudo-science sont
essentiellement le fait de professeurs de terrains. Cette levée de
bouclier, aujourd’hui de plus en plus médiatique, n’empêche nullement
les disciples de cette religion (car c’en est une) de sévir encore et
toujours au sein des rectorats, des inspections régionales et des
programmes officiels.
« L’enfant au centre du système », doit construire son propre savoir,
dans une relation « maïeutique » entre l’apprenant et son « prof’ » qui
lui permet d’accoucher d’un savoir finalement inné dans une illumination
purement christique (un comble pour une idéologie largement inspirée du
mouvement anarchique).
Pour résumer, fini le par-cœur, fini la relation verticale du maître qui
sait et de l’élève qui reçoit. Position horizontale du professeur sans
estrade, un parmi les autres, sans autorité, sans même parfois de savoir
propre. L’enseignant, privé de l’aura et du prestige que devrait
conférer son savoir et son statut de transmetteur devient le jouet de
l’enfant roi (parfaitement bien montré par Pierre Richard dans ce film
si visionnaire « le Jouet », sorti en 1976).
Pourtant si les établissements scolaires n’ont pas tous encore
explosé, c’est grâce aux professeurs qui vivent une bonne partie du
temps avec les élèves et ont récupéré l’autorité éducative le plus
souvent délaissée par des parents dépassés et par une administration
frileuse. Il ne faut donc pas s’étonner de la multiplication des
« bavures » dans nos salles de classes (gifles, cris, rapports de force
continuels, etc.). Il faut être particulièrement solide physiquement et
mentalement pour assumer la charge d’enseignant. Les plus faibles sont
piétinés. Impitoyablement. Les plus charismatiques survivent et
obtiennent un calme relatif. Un enfant est un petit animal qui teste
l’autorité de ses aînés. C’est ce qu’ont totalement oublié nos bonnes
âmes des sciences de l’Éducation. Nous en subissons les conséquences. De
plein fouet.
L'expression même "sciences de l'éducation" est une aberration : l'éducation n'est pas une "science" mais un "art" ; nous voulons "instruire" et non "éduquer". Par ailleurs "éduquer" pour ces "pédagogues" est un gros mot, ce qui n'est pas étonnant si l'on songe que l'étymologie d'"éduquer" est "conduire hors de soi", or tout le système actuel ne fait que conduire l'enfant vers son propre nombril.
RépondreSupprimerCertains profs résistent, oui, mais sont de plus en plus isolés, car le nombre de "convertis" progresse.