samedi 3 décembre 2011

Le souffle de la révolte - Archives janvier 2007 -





L'article précédent et cette anecdote (légèrement romancée il est vrai), explique mieux qu'un quelconque discours les ravages de ce pédagogisme triomphant et verbeux qui règne depuis 30 ans à l'Education nationale. Les « sciences de l'éducation » en voulant entrer dans le domaine théorique et jargonnant ont totalement détruit le plaisir de la découverte des mots et de leur sens. On a voulu théoriser la grammaire en en faisant non un vecteur de compréhension des subtilités nombreuses de la langue française mais un autel baroque recouvert d'un tapis de prières incantatoires et grandiloquentes : « construction narrative, continuité textuelle, progression thématique composantes de la situation d'énonciation ». Encadrant leur vacuité d'une belle carrosserie verbeuse, les tenants du pédagogiquement correct on voulu imposer leurs lubies de charlatans (a-t-on vu un seul professeur de terrain parmi ces inspecteurs et experts de l'éducation, qui en général ont fui les uns leurs responsabilités d'ancien chefs d'établissements, les autres leur responsabilité devant les élèves qu'ils n'arrivaient en général pas à tenir). Scripteur traçant, surface scriptural à usage multiple, référentiel bondissant, l'apprenant du vécu, un géniteur d'apprenant ?.... Comment ? Vous n'avez pas reconnu immédiatement un stylo ? Un tableau noir ? Un ballon ? Un élève ? Un parent d'élève ? Voici le résultat de leur recherches « scientifiques » pour impressionner l'étudiant et futur professeur, pardon, enseignant, conditionné dans l'immense machine à décérébrer que sont les IUFM et dont Méirieu, Charmeux, et autre Frackowiak (actuel conseiller à l'éducation du projet socialiste) sont les grands prêtres omnipotents. Alors il y a certes depuis une dizaine d'année un mouvement de révolte de plus en plus fort qui souffle sur le landerneau de l'éducation avec la publication de centaines d'ouvrages de professeurs (Le Bris, Brighelli, Boutonnat, Capel) allant pratiquement tous dans le même sens en brocardant ces pseudos sciences de' Education, baudruches gonflées de leur importante mission, grenouilles marécageuses qui, voulant se faire aussi grande que Jules Ferry exploseront en plein effort, emportant hélas avec elles des générations d'enfants détruits par ces Trissotins. Ah il nous manque en France un Molière qui féraille avec ces nouveaux Jésuites laïcs qui tels leur prédécesseurs encadrent l'enfance en les gavant de forme tout en oubliant soigneusement le fond, l'important étant n'est ce pas de faire de notre jeunesse de parfaits crétins uniquement occupés à jouir de l'immédiat consumériste sans se soucier des leçons d'hier et des lendemains qui déchantent. Monsieur Mérieu, qui s'ennuya à l'école paraît il (d'aucuns ont écrit de très belles lignes sur la vertu de l'ennui et de l'esprit qui vagabonde dans les champs fertiles de l'imagination), proposait il y a quelque temps déjà (il est vrai qu'il s'est contredit depuis), d'apprendre aux élèves à lire en utilisant le mode d'emploi d'un téléviseur.. Un inspecteur m'a un jour dit en face et clairement que je pouvais donner des contrôles de connaissances si ca me faisait plaisir, mais qu'il ne s'agissait pas de faire des élèves des historiens. Il suintait un tel mépris du savoir et par extension, un tel mépris des élèves qui n'avaient donc pas le droit de recevoir les connaissances que LUI avait en revanche bien acquises dans sa jeunesse que je compris immédiatement que ma mission serait d'enseigner exactement à l'inverse que ce que ce triste sire et sa clique néfaste encourage. Je sais également, pour finir sur une note positive que dans mon collège et dans beaucoup d'autres heureusement, beaucoup de professeurs continuent malgré vents et marées (sinistres embruns moisis) , à transmettre les valeurs de connaissances et du vrai savoir, celui qui construit et fait voir plus loin et plus haut que ceux qui nous précèdent.

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