samedi 3 décembre 2011

Les mots pour le dire ou Voltaire réveille toi, ils sont devenus fous... - Archives novembre 2006 -



Au lycée de Gisors, une professeure est depuis quelque jour prise dans une nasse kafkaïenne de lâcheté, de violence et d'ignorance. Un mot mal compris, mal perçu, déformé, utilisé, et en substance, totalement ignoré : "ghetto". Plusieurs filles perturbent un cours de français. La professeure demande le calme. Devant le bruit qui reprend de plus belle, elle demande aux filles de se séparer. Réponse de ces dernières : "il y a des tables de blancs, pourquoi pas des tables de noirs". On est ici non dans la provocation purement communautariste, mais dans l'utilisation perverse du problème -réel- de l'intégration à des fins de confort et de défi à l'autorité d'un professeur et au calme qui doit régner dans un cours. La réponse de l'enseignante est pleine de bon sens, et se veut pédagogique : "Non, cela ferait un peu ghetto". Elle utilise ce mot justement pour dénoncer la manière dont pourrait être perçue une minorité. Les filles en question saute sur ce terme en l'assimilant à une injure raciste, ce qui est un non sens et surtout un contre sens total. Tollé général et sortie véhémente de ces jeunes filles qui vont se plaindre à l'administration. Le proviseur, contre tout bon sens et surtout de façon totalement partiale et si peu professionnelle, n'écoute que la version des jeunes filles sans même ENTENDRE celle du professeur. Une telle réaction laisse pantois le professeur que je suis et le fonctionnaire représentant l'Etat, la justice républicaine et l'équité. Des excuses sont présentées aux familles des perturbatrices. Un comble! Celles-ci d'ailleurs seront déboutées de leur plainte à la gendarmerie, le terme "ghetto" ne constituant évidemment pas une injure à caractère raciste. Les professeurs du lycée se sont mobilisés devant cette injustice flagrante par une journée de grève, et le proviseur a -très légèrement- infléchi son discours. Il n'en reste pas moins que cette histoire est révélatrice de l'esprit munichois qui règne parmi un certain nombre de chef d'établissement. Cette démission face à l'intolérance, au communautarisme et au danger terroriste rappelle en effet l'attitude lâche de la communauté internationale dans les années trente devant la montée de l'agressivité allemande, lâcheté collective qui culmina en septembre 1938 à la conférence de Munich lorsque les chefs d'Etats anglais et français abandonnèrent la Bohème Moravie à l'insatiable volonté de conquête d'Hitler. Aujourd'hui, il est des chefs d'Etat iraniens qui hurlant leur haine d'Israël remettent en cause la Shoah en estimant comme Adolf en son temps que la juiverie internationale doit être éradiquée, par le nucléaire si nécessaire. Ce sont ces pays terroristes qui apportent leur aide aux terroristes islamiques de tout poil. Toute action dans notre pays allant dans le sens d'un islamisme échevelé et extrémiste doit être combattu avec la plus grande vigilance. Et ça commence par défendre la laïcité républicaine devant le communautarisme religieux. Défendre tel professeur de philosophie qui critique l'Islam publiquement est un devoir citoyen, comme il est du droit de chacun de répondre point par point à ces mêmes critiques. Il est encore heureux que dans le pays des Lumières et des droits de l'homme, une opinion puisse coexister avec une autre sans que celle-ci soit victime d'une quelconque anathème. Que diable, nous sommes dans un pays de droit! Si insultes il y a, les tribunaux doivent dire le droit et non une quelconque fatwa! Dans mes classes de cinquième, j'enseigne la grandeur de l'Islam du XIème siècle, ses multiples apports scientifiques et littéraires; algèbre, chiffres, Averroès, Avicenne, La médecine moderne, nous devons tant de choses aux Arabes. Nous devons enseigner la paix entre les peuples, le respect du culte de chacun, de la confession de chacun et des choix de chacun. Par ailleurs, il est vain de le nier : nos racines chrétiennes sont présentes dans notre vie et l'influencent à chaque instant. Mais nous devons nous garder de tout prosélytisme. Je ne suis pas sûr que le modèle communautarisme prôné par la tolérante Grande-Bretagne ait porté de si beaux fruits. D'ailleurs, certain ministre commence à changer d'avis sur la question. La Burka (voile intégrale) chirurgicale pour une patiente musulmane dans un hôpital public anglais pose un problème aussi grand que le refus de se faire opérer par un homme ou de lui serrer la main. La déformation du Coran par les illusionnistes des âmes ne finira-t-elle jamais de mener aux pires exactions? Et si nous parlions de ces piscines de Lille ouvertes certaines heures aux garçons et à d'autres aux filles? Si nous parlions de cette jeune collégienne caillassée parce qu'elle mange un sandwich au poulet ou même au jambon au moment de ramadan (va-t-on me trucider parce que je ne mange pas toujours du poisson le vendredi?) ? Enfin avec la remise en cause de la carte scolaire, va-t-on assister à la création de collège de blancs, de noirs, de jaune, de Vulcains, ou je ne sais quoi encore? Oui aux apports culturels, aux échanges, à l'écoute, à la tolérance. Et non, trois fois non à l'intolérance, à l'extrémisme, aux incantations et à toute violence physique. Pour terminer, la violence verbale peut être terrible, mais elle n'est que verbale. Elle ne tue pas, elle.

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