Cela fait
bien longtemps que les syndicats de professeurs ne reflètent rien du tout! Mise
à part le Snalc, l’ensemble des syndicats enseignants suivent la ligne
“pédagogiste” depuis bien longtemps et sont, de ce fait, extrêmement
conservateurs. D’autre part leur message est constamment brouillé par des
revendications floues, mal structurées et qui reviennent toujours sur les
moyens à octroyer, comme si le budget de l’Education n’explosait pas déjà sous
ces “moyens”, simplement mal répartis.
En réalité les syndicats ne représentent qu’eux-mêmes. Dans mon collège, deux
professeurs (dont moi-même) sont syndiqués. Et c’est tout. Et c’est presque
partout pareil. Il faut savoir une chose : si les collèges et les lycées
tiennent encore debout tant bien que mal c’est uniquement parce qu’il existe
encore des professeurs pour faire correctement leur boulot, et tenter de sauver
les meubles en faisant fi des consignes des syndicats, des inspecteurs, des
proviseurs, des principaux, des associations de parents d’élèves, des
sociologues et des bavards de tous poils en transmettant leurs connaissances et
leur savoir-faire dans le cadre de leur classe. Méfiez-vous monsieur Decoings,
monsieur Darcos, Monsieur Aschieri, monsieur Méirieu, du jour où ces mêmes
profs, las de voir leurs efforts contestés et réduits à néant, au mieux
partiront en claquant la porte, au pire exploseront ou imploseront à la manière
du personnage que joue Adjani dans la” Journée de la Jupe”, ou plus simplement
baisseront les bras, se contentant de ramasser leur salaire à la fin du mois,
prenant nombre de semaines de congés maladie pour dépression (en histoire dans
mon collège deux professeurs sur quatre!) et là, messieurs, là nous verrons
bien où en seront les élèves. Et en vérité je vous le dis, ce jour-là arrive.
D’autre part
je suis très sceptique sur la “formation continue des enseignants tout le long
de leur vie”. C’est une tarte à la crème des pédagogistes. Elle consiste
d’ailleurs souvent en stages PENDANT le temps scolaire (donc des semaines où
les cours ne sont plus assurés et rarement remplacés), et devant des pseudo
spécialistes de l’éducation, de joyeux drilles qui expliquent par exemple
comment enseigner en 5 séquences (donc 5 heures de cours!!) la relation entre
le jeuuune et sa géographie proche (maison, rue -plaque de rue étudiée….-, et
le supermarché du coin) mais qui vous expliqueront également comment brader
l’Empire byzantin en deux heures grands maximum. Ce sont en effet les nouveaux
programmes en histoire géographie qui suppriment d’ailleurs l’histoire de
l’Égypte antique au profit de l’Inde sous prétexte que l’Égypte n’est (sic)
plus une grande puissance. Je suppose donc qu’il ne faut plus étudier la Grèce classique
puisque la Grèce actuelle n’est plus une grande puissance..
La formation continue, elle se fait dans sa remise en question constante vis à
vis de son travail, de son expérience, de son efficacité auprès de l’écoute de
ses élèves et des exigences qu’il maintient à leur égard. Elle se fait
également en fonction du contenu scientifique de sa matière qu’il doit
continuer à alimenter tout le long de sa vie.
Quant au
statut des enseignants, il est, je le concède, confortable. En collège en tout
cas, si l’on sait s’organiser, et pour peu qu’on se trouve dans un
établissement sans trop de problème, les bénéfices sont appréciables. 18 heures
de cours par semaine, avec un travail à la maison qui n’est pas des plus
harassants, 36 semaines de cours et 16 semaines de congés payés. On rajoutera
la sécurité de l’emploi, ce qui, par ces temps est vraiment des plus appréciables.
Ces avantages sont contrebalancés par un salaire à l’avenant. Pour un statut
qui se rapproche du cadre et un niveau d’études bac + 5, le salaire début à 1
200 € net, et peut culminer en fin de carrière à environ 3 000 € nets pour un
certifié échelon 12, hors classe et 2 750 en classe normale. Soit environ 30 à
40% de moins qu’un cadre dans le privé. Actuellement à l’échelon 9, je gagne
pour ma part 2 150 € nets.
Attention, il faut savoir qu’en lycée, la charge de travail est bien supérieure
qu’en lycée et le temps passé à la préparation des cours et à la correction des
copies relève parfois de l’exploit, même si ici comme ailleurs il y a aussi des
collègues qui en font un minimum.
Modifier le statut des enseignants? Je pense que c’est impossible. La levée de
boucliers serait trop forte. C’est comme si on instaurait la retraite à 60 ans
pour les cheminots et la fin des privilèges catégoriels. A moins que
l’information soit parfaite et que le salaire soit réévalué nettement, et même
dans ce cas je ne suis pas sûr que cela fonctionne. Les professeurs méprisent
souvent les questions d’argent et choisissent le métier les uns par vocation,
les autres pour la sécurité d’emploi et les vacances.
Et pourtant la chose devient nécessaire. Le rôle des professeurs doit être
redéfini et leur place dans la société rehaussée. Travailler 35 heures au
collège, pourquoi pas, à condition d’y avoir un bureau, des outils
informatiques pour y travailler efficacement. Et des horaires fixes. Je ne suis
pas certain cependant que cela “cadre” parfaitement avec le métier et la mentalité
des collègues.
Dans le privé, nous pouvons expérimenter de nouvelles formes d’investissements,
basées sur l’efficacité et le pragmatisme.
Dans les
pays anglo saxons, les professeurs sont engagés par les établissements qui les
surveillent de près. C’est peut être une des solutions, mais au vu des
relations souvent conflictuelles entre les professeurs français et leur
administration immédiate, l’affaire est loin d’être jouée..
Le débat
cependant est ouvert.
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