samedi 3 décembre 2011

Notre métier... - Archives juin 2009 -


Cela fait bien longtemps que les syndicats de professeurs ne reflètent rien du tout! Mise à part le Snalc, l’ensemble des syndicats enseignants suivent la ligne “pédagogiste” depuis bien longtemps et sont, de ce fait, extrêmement conservateurs. D’autre part leur message est constamment brouillé par des revendications floues, mal structurées et qui reviennent toujours sur les moyens à octroyer, comme si le budget de l’Education n’explosait pas déjà sous ces “moyens”, simplement mal répartis.

En réalité les syndicats ne représentent qu’eux-mêmes. Dans mon collège, deux professeurs (dont moi-même) sont syndiqués. Et c’est tout. Et c’est presque partout pareil. Il faut savoir une chose : si les collèges et les lycées tiennent encore debout tant bien que mal c’est uniquement parce qu’il existe encore des professeurs pour faire correctement leur boulot, et tenter de sauver les meubles en faisant fi des consignes des syndicats, des inspecteurs, des proviseurs, des principaux, des associations de parents d’élèves, des sociologues et des bavards de tous poils en transmettant leurs connaissances et leur savoir-faire dans le cadre de leur classe. Méfiez-vous monsieur Decoings, monsieur Darcos, Monsieur Aschieri, monsieur Méirieu, du jour où ces mêmes profs, las de voir leurs efforts contestés et réduits à néant, au mieux partiront en claquant la porte, au pire exploseront ou imploseront à la manière du personnage que joue Adjani dans la” Journée de la Jupe”, ou plus simplement baisseront les bras, se contentant de ramasser leur salaire à la fin du mois, prenant nombre de semaines de congés maladie pour dépression (en histoire dans mon collège deux professeurs sur quatre!) et là, messieurs, là nous verrons bien où en seront les élèves. Et en vérité je vous le dis, ce jour-là arrive.


D’autre part je suis très sceptique sur la “formation continue des enseignants tout le long de leur vie”. C’est une tarte à la crème des pédagogistes. Elle consiste d’ailleurs souvent en stages PENDANT le temps scolaire (donc des semaines où les cours ne sont plus assurés et rarement remplacés), et devant des pseudo spécialistes de l’éducation, de joyeux drilles qui expliquent par exemple comment enseigner en 5 séquences (donc 5 heures de cours!!) la relation entre le jeuuune et sa géographie proche (maison, rue -plaque de rue étudiée….-, et le supermarché du coin) mais qui vous expliqueront également comment brader l’Empire byzantin en deux heures grands maximum. Ce sont en effet les nouveaux programmes en histoire géographie qui suppriment d’ailleurs l’histoire de l’Égypte antique au profit de l’Inde sous prétexte que l’Égypte n’est (sic) plus une grande puissance. Je suppose donc qu’il ne faut plus étudier la Grèce classique puisque la Grèce actuelle n’est plus une grande puissance..

La formation continue, elle se fait dans sa remise en question constante vis à vis de son travail, de son expérience, de son efficacité auprès de l’écoute de ses élèves et des exigences qu’il maintient à leur égard. Elle se fait également en fonction du contenu scientifique de sa matière qu’il doit continuer à alimenter tout le long de sa vie.


Quant au statut des enseignants, il est, je le concède, confortable. En collège en tout cas, si l’on sait s’organiser, et pour peu qu’on se trouve dans un établissement sans trop de problème, les bénéfices sont appréciables. 18 heures de cours par semaine, avec un travail à la maison qui n’est pas des plus harassants, 36 semaines de cours et 16 semaines de congés payés. On rajoutera la sécurité de l’emploi, ce qui, par ces temps est vraiment des plus appréciables. Ces avantages sont contrebalancés par un salaire à l’avenant. Pour un statut qui se rapproche du cadre et un niveau d’études bac + 5, le salaire début à 1 200 € net, et peut culminer en fin de carrière à environ 3 000 € nets pour un certifié échelon 12, hors classe et 2 750 en classe normale. Soit environ 30 à 40% de moins qu’un cadre dans le privé. Actuellement à l’échelon 9, je gagne pour ma part 2 150 € nets.

Attention, il faut savoir qu’en lycée, la charge de travail est bien supérieure qu’en lycée et le temps passé à la préparation des cours et à la correction des copies relève parfois de l’exploit, même si ici comme ailleurs il y a aussi des collègues qui en font un minimum.

Modifier le statut des enseignants? Je pense que c’est impossible. La levée de boucliers serait trop forte. C’est comme si on instaurait la retraite à 60 ans pour les cheminots et la fin des privilèges catégoriels. A moins que l’information soit parfaite et que le salaire soit réévalué nettement, et même dans ce cas je ne suis pas sûr que cela fonctionne. Les professeurs méprisent souvent les questions d’argent et choisissent le métier les uns par vocation, les autres pour la sécurité d’emploi et les vacances.

Et pourtant la chose devient nécessaire. Le rôle des professeurs doit être redéfini et leur place dans la société rehaussée. Travailler 35 heures au collège, pourquoi pas, à condition d’y avoir un bureau, des outils informatiques pour y travailler efficacement. Et des horaires fixes. Je ne suis pas certain cependant que cela “cadre” parfaitement avec le métier et la mentalité des collègues.

Dans le privé, nous pouvons expérimenter de nouvelles formes d’investissements, basées sur l’efficacité et le pragmatisme.


Dans les pays anglo saxons, les professeurs sont engagés par les établissements qui les surveillent de près. C’est peut être une des solutions, mais au vu des relations souvent conflictuelles entre les professeurs français et leur administration immédiate, l’affaire est loin d’être jouée..
Le débat cependant est ouvert.

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