Le Magnard Éducation civique, que je connais bien, fait état
des “droits” de la personne. Mais en aucun cas il n’est fait mention des
devoirs de cette même personne. Et c’est bien là le problème. Au
collège, l’élève (pardon, le jeune-en-souffrance) possède ancré bien
profondément le sentiment de toute puissance. Il suffit de regarder les
CM2 qui viennent visiter le collège en juin. Il y a encore quelques
années, ces derniers se montraient impressionnés et intimidés par ce
cadre qui leur semble à cet âge, démesuré. Cette année, ils déambulaient
dans les couloirs comme chez eux et poussant des cris stridents. Ces
enfants ont parfaitement compris que l’ établissement scolaire est
devenu un “lieu de vie” dans lequel ils doivent s’épanouir absolument.
L’enfance est le temps de la jouissance immédiate, de la revendication
primaire à satisfaire sur le champ. Or, la socialisation dans
l’institution scolaire avait autrefois pour but de brider cette course
effrénée à la jouissance, en posant des bornes, des cadres stricts de
disciplines et d’apprentissages rigoureux. ces deux cadres ont
aujourd’hui pratiquement disparu.
- Vous n’avez pas le droit de me fouiller
- vous n’avez pas le droit de me traiter
- vous n’avez pas le droit de me prendre par l’épaule
- vous avez le droit de me punir, mais j’ai le droit de ne pas faire cette punition car vous n’avez aucun moyen coercitif.
- vous avez le droit de m’exclure, mais c’est une victoire pour moi aux
yeux des autres élèves et une défaite pédagogique pour vous.
- vous n’avez pratiquement pas le droit de me renvoyer de
l’établissement, et au pire, je serai envoyé dans un autre, dans lequel
je pourrai recommencer à exercer mes droits d’adolescents libre et
épanoui.
L’éducation civique officielle est en réalité le cheval de Troie de
l’extrême gauche et des soixante-huitards de tous poils qui dominent
encore très largement l’éducation nationale.
Je fais de l’éducation civique à ma manière en cours. Pas de droits sans
devoirs, pas de récompense sans travail. Leçons de morale républicaine
et de bon sens. Aucun de nous d’ailleurs (nous sommes quatre
professeurs) n’utilisons les manuels d’éducation civique, sauf en
troisième, puisque le Brevet intègre l’idéologie que nous dénonçons dans
son programme.
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