Je ne suis pas allé au cinema depuis longtemps... du moins;. pour voir un film; si j'y suis allé c'est pour être au calme, reflechir sur le sens de nos sens...; le cinema et moi c'est une longue histoire...Quand j'étais enfant, c'était un moyen de me rapprocher de mon père. On allait au cinéma, c'etait notre grande affaire, notre lien; je me souviens, j'avais 11 ans, il m'avait emmené voir notre famille à Gien (jolie petite ville du Loiret, célèbre pour sa faïencerie et ma petite madeleine de Proust à moi... . Mon père m'a eu tard. J'étais le petit dernier; il avait 36 ans, maman 35. l'image du père et de son jeune fils dans la deux chevaux crème (1904 QA 27), quelle mémoire n'est-ce pas?, l'enfant au volant, la tête dépassant à peine le volant et le père pas si inquiet à ses côtés, montant la rampe de la maison familiale restera un grand moment d'indignation giennoise... Le soir de notre arrivée, nous sommes allés voir "Love Story" qui sortait alors sur les écrans français. Je n'ai certes pas compris grand chose à cette histoire d'amour sur fond de leucémie, mais, c'etait une belle histoire de passion, avec une musique qui restera gravée en moi. Une autre fois, à Vernon, nous étions allés voir un film d'horreur sur un bâteau dans le triangle des Bermudes.. des années après, j'en frisonnne encore.... Je suis donc devenu un cinéphile polyforme. Et en général ,tous les genres me plaisent, avec quelques exceptions néanmoins... Par exemple, le film "Blanche", vu avec des amis il y a deux ans, pour la première fois je suis sorti du cinéma avec l'impression d'avoir été volé. Une vulgarité toutes les secondes, obscénités gratuites, insupportable "jeunisme" du langage et des situations qui transporterait Dumas dans le 9.3 et où D'Artagnan aurait des airs de Joe Star.... Autre révolte, le César 2004,"l'Esquive", abominable tribut au communautarisme pseudo multi-culturel le plus répugnant. Un simplisme anti ordre, anti-flic, anti jeune même en définitive, digne des louanges des Guignols soixante huitardsque sont les "Inrockuptibles". Bref, vous comprendrez que je n'ai pas aimé. Mais alors pas du tout. Marivaux méritait mieux... Mais j'ai gardé le meilleur pour la fin... L'an dernier, je suis allé, circonspect, voir "Troie" avec l'ineffable Pitt... Las! Homère, si tant est qu'il existe bien, a du se retourner dans sa tombe; voyons : les points positifs d'abord peut être ? Le rythme, efficace, le personnage d'Hector, attachant, Le cheval, plutôt réussi avec un "look" archaïque qui convient bien à ce récit héroïque... Car voilà le bât qui blesse... la Grèce décrite dans l'Iliade est celle du XIIIe siècle av JC; certainement pas celle du Ve siècle. (Des Trières grecques qui n'existaient pas à l'époque!), ni celle de l'époque hellénstique encore plus tardive, comme le dénote cette jolie statue du temple d'Appolon sur la plage! Bon; à la limite, ce n'est pas très important; non.. L'ennui, c'est l'absence totale des .. dieux! L'oeuvre d'Homère baigne dans la religion grecque ; les dieux tirent les ficelles de ces héros, eux mêmes enfants de ces mêmes dieux ! (malheureuse Thétis, entrevue, mère d'Achille, baba cool grunge cherchant des coquillages dans le sable, probablement entre deux analyses psy...; quant au talon d'Achille, toute la magie de son invicibilité est masquée par la réalisation. Pâris combattant en effet Ménélas se jette aux pieds de son frère en tremblant!!!! Où voit on ca dans l'Iliade?? C'est la déesse Athéna qui, à l'aide d'un nuage transporte Pâris loin du combat. Mais qu'importe! Ménélas se fait trucider par Hector dans la foulée... Ahhhh bon? Moi qui pensait bêtement que Ménélas était tranquillement reparti vers Sparte aux bras d'Hélène....dix ans plus tard (voui voui parceque selon le film tout cela aurait duré quelques jours à peine!). Le comble du ridicule est atteint par un Agamemnon Bushiste et soudard qui finit massacré dans les ruines de Troie! Remarquez, c'est pratique, ca permet d'un coup déviter toute la malediction des Atrides! pas de retour à Mycènes et pas d'assassinat par sa femme Clythemnnestre ; oublions donc toute sa famille, y compris ce cher Oedipe!! Super, et un Freud en moins, un! ahh mince, comment Thétis va-t-elle s'en sortir sans son analyse! (remarquez il y a encore les alcooliques anonymes..!) Mais je m'égare, pardon.. Enfin, l'image d'un Achille sautant virilement du cheval de Troie ne manquait pas de sel si l'on pense qu'il est mort depuis quelques années déjà, tué effectivement par .. mon Dieu, voilà enfin une scène écrite par Homère!.. Pâris. Je finirais cette revue des bas fonds par le ridicule achevé de la scène finale, Pâris fuyant (avec Hélène -ben voyons-), croisant au passage un certain Enée avec son papa Anchise sur ses épaules, genre "Allez p'tit gars, va donc autre part voir si j'y suis et reconstruis donc Troie", clin d'oeil appuyé à la fondation de Rome de L'Enéide Virgilienne. Enfin voilà, on peut prendre un réel plaisir aux scènes de combats et à cette histoire, ecrite d'après les personnages d'Homère, mais loin, loin, très loin de nos héros universels. Encore et toujours, la machine hollywodienne hâche menu nos classiques et nos enfants doivent avaler cette bouillie infâme et le prendre pour argent comptant ; "Ouais Achille Pitt il est trop boooo et Agagamemnon il est trop pas cool..." . Oui je suis un empêcheur de brad-pitter en rond, un réactionnaire qui se recroqueville sur la culture millenaire de l'Europe, et je le revendique haut et fort. Les films oui, oui et encore oui, mais le mensonge idéologique pour abêtir les foules , cent fois non.

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